Premiers pas

Intense. Le démarrage a été intense. Dès le lendemain de l’élection, tandis que la chaleur de la fête continuait de se faire sentir, j’ai le sentiment d’avoir basculé à corps perdu dans ces nouveaux terrains de combat. Impressionné ? Pas le temps de l’être. Je me sentais investi de toutes ces rencontres, de tous ces échanges, de toutes ces espoirs et de toutes ces attentes partagés pendant la campagne. Je me sentais porté par cette dynamique qui nous a dépassés nous-mêmes. Faire entrer dans ce lieu feutré et velouté la colère, la révolte, les aspirations… la vie.

Ne pas se laisser impressionner, justement. Y être chez soi, sans renier à quiconque sa place, mais y être chez soi. C’est de ces salariés victimes de maladies éliminables auxquelles les décideurs se résolvent, c’est de ces retraitées ne parvenant plus à vivre dignement et ne le disant que du bout des lèvres, c’est de ces jeunes désemparés par le chômage qui les cerne de toutes parts, c’est de ces syndicalistes remuant ciel et terre pour faire valoir des droits toujours à conquérir, c’est de ces enfants malades et de ces enfants handicapés et de leurs familles trop mal accompagnées… c’est de là que j’ai tiré ma force, et ce soupçon de témérité qui ne m’a pas lâché au point parfois de me surprendre. Rien de ma propre humilité n’a disparu au passage. Etre dans le débat, dans le combat, mais pas dans l’arrogance ni dans la leçon. Avoir le verbe haut pour donner aux idées toute leur force mais pas dans le cabotinage qui finit par les éroder. Chercher à marquer des points, à gagner ce que l’on peut, et, à défaut, à prendre date. Nous avons posé le débat, nous avons incarné cette part du pays que la majorité ne représente pas. Cette majorité absolue, si sûre de son fait, si sûre de son droit, si nouvelle en apparence et si vieille en réalité. Nous ne suffirons pas au rapport de force, mais nous pouvons y être utiles. Ils savent que nous ne les lâcherons pas, que nous serons là, solidement campés à chaque fois que nécessaire, mais toujours prêts à acter une avancée que le rapport de force général aura permise. Car l’argument « Emmanuel Macron l’avait dit » ne suffira pas à gouverner pendant cinq ans.

Il me souvient quand même de cette députée venant me demander de façon touchante si cela n’était pas trop dur d’avoir subi autant de fins de non recevoir de la part de la majorité sur mes amendements. Nous avons plus de courage qu’il n’en faut pour affronter les éléments. Mais j’ai cependant fini par ressentir un manque. Siégeant de jour et de nuit, pris dans l’engrenage de la lessiveuse dans des semaines trop longues, je me suis trouvé enfermé dans une salle si soudainement après avoir passé tant de temps à écumer les lieux publics pour rechercher inlassablement la rencontre. Dès que j’ai pu, dès qu’il l’a fallu, j’ai voulu y revenir. Parce que l’action politique n’a de sens que si elle part du réel et de l’humain. Il y a eu ces fêtes de quartier, de nos villes où l’on prend plaisir à prolonger la soirée. Il y a eu ces drames des incendies, quand le feu vous menace, qu’il détruit vos horizons. A deux reprises, j’ai pris précipitamment la route pour venir, ne serait-ce que quelques heures, constater par-moi-même, comprendre, encourager… Etre là, tout simplement face au drame. Et de là, repartir en œuvrant à être mieux outillés.

 Martigues, août 2017

La fabrique du commun

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