La forêt et les canadairs

Message sympathique ce matin, de Loïc, animateur d’un comité feux de forêts dans la circonscription. Ces comités sont eux-aussi un creuset de générosité et de solidarité. Ils sont aujourd’hui mobilisés pour assurer des missions dans les collines en temps de confinement. Et j’espère moi aussi les revoir dans de bonnes conditions à l’occasion d’un évènement convivial !

Ce matin, je me suis adressé au gouvernement sur la situation à l’approche de l’été. L’arrêt de l’utilisation des sept trackers de la Sécurité civile en raison d’une défaillance irréparable de leur train d’atterrissage constitue un coup dur pour notre dispositif de lutte contre les incendies. Cela a provoqué une vive émotion parmi les sapeurs-pompiers et plus largement dans la population. Le colonel Gregory Allione, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers s’est fortement alarmé de cette situation et a demandé des mesures compensatoires pour faire face. Il s’est également inquiété pour les Canadairs, dont certains ont déjà 25 ans. Cette situation résulte d’une gestion à l’économie de longue date, manquant singulièrement d'une vision de long terme. Ces appareils étaient utilisés pour repérer et attaquer les feux naissants. Ils vont faire gravement défaut alors que l’on constate un développement des incendies avec le changement climatique. « Si vous êtes au tiers, c’est moins cher, mais vous êtes moins bien protégé », explique le Colonel Allione. Nous ne pouvons pas en rester là. 

Il faut aussi dire ce qui avance. Hier, le ministre de l’agriculture a répondu à mon interpellation concernant les chevaux pour autoriser les déplacements « lorsque les centres équestres ne peuvent pas assurer la totalité des soins » ; il annonce également une aide financière aux structures les plus en difficultés.

Autre question. Mes collègues sénateurs et sénatrices avaient défendu un amendement pour que les entreprises basées dans des paradis fiscaux ou y ayant des filiales ne devraient pas bénéficier d’aides de l’Etat. Et il avait été adopté. Et le ministre de l’économie avait estimé que c’était plutôt sensé. Mais lors de la commission de conciliation entre l’Assemblée et le Sénat, l’amendement a soudainement disparu… La République en marche… 

Dans la Provence d’aujourd’hui, l’ami Robert Guédiguian, qui a dû interrompre le tournage de son film au Mali, prend Emmanuel Macron au mot. Il demande « des preuves d’amour ». « Nous avons besoin d’utopies, besoin d’un ensemble d’idées et de principes, qui sont d’abord moraux, d’abord du côté des hommes, comment vivre ensemble sur cette Terre qui nous est commune ». 

Les premiers retours de l’inventaire des biens communs sont très intéressants. La préoccupation de la production alimentaire locale est très présente. Préserver les terres agricoles, « parce que c’est la base de l’alimentation », selon Michel. Soigner les marchés, favoriser les circuits courts, refuser la privatisation semences… Un « défi à relever ensemble », pour Cécile, « face à l’expérience de confinement, les injustices, les contraintes d’approvisionnement, la crainte de la pénurie… » Pour cela, Nicolas propose que « les terres agricoles à l’abandon puissent de nouveau être exploitées ». Et protéger l’eau, évidemment, propose Adil, parce qu’elle est « indispensable à la vie », explique Julie. Respecter notre environnement, ses composantes, ses espaces naturels : « air pur, eaux claires, animaux qui reviennent », détaille Chantal qui propose aussi de développer les transports en… commun. Mais valoriser aussi notre cadre de vie, dans les quartiers, par exemple, avance Axel, pour que que chacune et chacun puisse « évoluer dans un environnement propice aux rencontres, à l’épanouissement, à la sécurité, « que la vie puisse s’y organiser comme dans un village ». S’occuper aussi de l’industrie du médicament, parce que « l’accès à la santé est un droit fondamental » et « qu’on doit tous y avoir accès », selon Emmanuelle. Hervé propose « la communauté des métiers du soin «  : « un bien « avant tout culturel », qui est à la fois « une démarche, une pratique, des formations… », et une activité sociale essentielle. Céline veut lutter contre les conflits d’intérêt, alors elle veut une fonction publique qui recherche « la mise en application du bien commun et du bonheur », « sans oublier personne », à commencer par « les enfants handicapés et les anciens ». Etre attentifs aux crèches, des lieux qui accueillent les jeunes enfants, et « leur permettent de s’épanouir dans le respect de leur individualité et permettent aux parents d’aller travailler, de chercher un travail ou de se former en ayant l’esprit tranquille, en se disant que des personnes bienveillantes veillent sur ce qu’elles ont de plus précieux », écrit Virginie. Mais aussi « un lieu d’éducation et de socialisation », « un outil pour lutter contre les inégalités sociales », pour Camille. Sanctuariser la culture (locale et mondiale), c’est-à-dire « tout ce qui peut aider à élever l’esprit, la conscience, le sens de l’humanité », argumente Antoinette, mais aussi la beauté « parce qu’elle aide à vivre », selon Françoise, et encore le respect, les valeurs de la République… Des idées à débattre et à approfondir. On y ajoutera les canadairs, évidemment et ces collines qui nous sont si chères. Une aventure passionnante qui s’amorce. Alors on continue !

 

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