Faire semblant

Discussion sur le bord d’un trottoir, l’autre jour, avec un citoyen inquiet de voir notre démocratie débranchée. Et c’est vrai qu’il n’y en a qu’un qui décide, ce Président omnipotent, auquel finalement, tout est suspendu. Eh bien, franchement, ce n’est pas plus rassurant en temps de crise qu’en temps ordinaires. Or c’est sa manière de présider depuis le début. Et nous vivons un nouveau témoignage de l’incurie démocratique des institutions de la Cinquième République. 
On ne peut pas dire que la parole publique ait beaucoup gagné en crédibilité au cours de ces dernières semaines, d’une incohérence et d’un revirement à l’autre. Une enquête du journal Le Monde, la semaine dernière, confirmait ce que nous savions : il a fallu des semaines et des semaines pour que l’on décide de mobiliser les moyens pour effectuer des tests. Des laboratoires étaient disponibles sur tout le territoire et ils se sont vus remettre à leur place comme des enfants. Le 31 mars, je posais déjà une question écrite sur le sujet sans obtenir de réponse.
On peut toutes et tous convenir que cette crise a été ample, soudaine et inédite. Mais ce n’est pas une raison pour commencer à nous faire le récit merveilleux d’une grande réussite. L’administration centrale a commencé à brosser son calendrier, en oubliant d’y inclure certaines alertes gênantes. En mai 2019, Santé publique France publiait un rapport d’experts dans lequel il est écrit à la première page de la synthèse : « Le risque [de pandémie] doit être considéré comme important, mais sa survenue ne peut être datée. En conséquence un stock peut arriver à péremption sans qu’il y ait eu besoin de l’utiliser. Cela ne remet pas en cause la nécessité d’une préparation au risque. La constitution d’un stock devrait être considérée comme le paiement d’une assurance, que l’on souhaite, malgré la dépense, ne jamais avoir besoin d’utiliser. Sa constitution ne saurait ainsi être assimilée à une dépense indue. » Des préconisations ? « En cas de pandémie, le besoin en masques est d’une boîte de 50 masques par foyer, à raison de 20 millions de boîtes en cas d’atteinte de 30% de la population. L’importance du stock est à considérer en fonction des capacités d’approvisionnement garanties par les fabricants. Le stock doit être positionné au plus près des utilisateurs, avec un processus de distribution simple et lisible dans la communauté. Le stock devrait être renouvelé pour éviter d’atteindre la date de péremption des masques. » On peut donc cocher la case « pas fait ». Pourquoi ?
Et l’on ne comprend toujours pas pourquoi il a fallu tant de temps pour se mettre en route sur les masques, pourquoi il a fallu tant de temps pour se mettre en route sur les tests, pourquoi il a fallu tant de temps pour se mettre en route sur la recherche. 
La mission d’information à laquelle je participe ne nous a apporté aucune réponse sur ces sujets. Elle ne doit pas servir à enterrer les problèmes ! Et une fois de plus à faire semblant. C’est sans doute l’une des marques du macronisme : faire semblant. Faire semblant d’augmenter le pouvoir d’achat, faire semblant de s’occuper de la planète, faire semblant de faire de l’école une priorité, faire semblant de s’attaquer aux GAFAM, faire semblant de prendre soin de l’hôpital, faire semblant de sauver les retraites, faire semblant de défendre la justice, faire semblant de discuter avec les organisations syndicales… La mission va poursuivre ses travaux avec des auditions la semaine prochaine. J’avais demandé dès le début que nous commencions par entendre les organisations syndicales. Je ne vois toujours rien venir. Mais sans doute cela est-il programmé pour le mois de juillet. On aura mis la France sous cloche sans entendre les représentants des salariés et on va l’en sortir de la même façon. C’est cohérent. On aura même l’avantage de ne pas avoir de manifestations dans les rues à l’occasion à la fin de la semaine… La parole est confinée, la parole est confisquée. Je vais donc devoir me fendre d’une nouvelle missive sur le sujet. Ce serait quand même un monde qu’on n’ait toujours pas trouvé le temps de le faire avant le 1er mai…
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