Réforme du lycée professionnel

Réforme du lycée professionnel - question au gouvernement 08/11/2022

Madame la ministre,

Une réforme se prépare en sourdine, celle du lycée professionnel, qui concerne 28% des lycéens. Leur formation migre de l’éducation nationale vers le ministère du travail. 

Le doublement annoncé des périodes de stage vise à rapprocher cette voie de celle de l’apprentissage, et à éviter qu’elle lui fasse trop de concurrence. Ce sont 380 heures de cours en moins, au détriment de l’enseignement général comme à l’enseignement technique. La réforme viendra affaiblir la qualité de la formation, le diplôme et son caractère national. Et elle va rendre plus difficile l’accès à des études supérieures. Le suivi des jeunes en stage sera encore sacrifié.

En donnant le pouvoir aux forces économiques sur la formation de ces jeunes, il s’agit de promouvoir une logique de cases à remplir, où le lycée professionnel formerait à des tâches, à usage immédiat et non plus à des métiers. 

La place de ces jeunes, plus jeunes qu’il y a quinze ou vingt ans, n’est pas au travail dans l’entreprise avec un patron s’ils ont la chance d’en trouver un, mais à l’école avec les profs, les copines et les copains, une école qui leur donne les moyens de comprendre, d’agir, de s’épanouir dans toutes les dimensions de leur vie.  

Ce projet constitue un renoncement éducatif, un affaiblissement de l’action publique pour les jeunes qui en ont le plus besoin. Il va accentuer encore le tri social. Ces jeunes ont droit, comme le disait Jean Jaurès à « l’entière croissance ».

C’est pour eux que 62% des personnels étaient en grève le 18 octobre. Un nouveau mouvement se prépare le 17 novembre. Le malaise est très profond, dans un contexte de crise qui frappe l’ensemble de l’éducation nationale.

A l’heure où il faudrait revaloriser les métiers du travail manuel, le Lycée professionnel n’est-il pas un lieu essentiel, au cœur des grands enjeux de la société et de ses mutations ?

Comment, où et avec qui sera débattu et décidé l’avenir du Lycée professionnel ? 

 

La question en vidéo.

 

 

 

 

 

Ehpad dans les Bouches-du-Rhône

Question orale sans débat - Séance du 23 février 2022

Et si on partageait le vaccin ? Et si on permettait à tous les habitants de la planète d’y accéder ? Et si on prenait la main sur le marché et les intérêts privés ? Avec ces trois suggestions, je résume à ma façon l’esprit de la proposition de résolution qui nous est soumise : deux jours avant la fin de la session parlementaire, une déclaration de bonnes intentions pour élargir la vaccination contre le covid-19 au plan international. Comme on dit chez moi, vous arrivez à l’heure des brousses. Ce n’est pourtant pas comme si la question ne s’était jamais posée depuis deux ans…


Sur le fond, cette proposition décline des intentions positives, mais pour ce qui est du retard, le mot d’excuse sera difficile à écrire, d’autant que nous vous avons donné maintes fois l’occasion d’agir en ce sens depuis la survenue de la pandémie de covid-19. C’est pourquoi, chers collègues de la majorité, je voudrais vous rappeler le scénario du film tel que vous l’avez écrit, pour que la fin ne soit pas trop tirée par les cheveux. Depuis deux ans, le groupe de la Gauche démocrate et républicaine, avec tant d’autres ici et de par le monde, n’a cessé de réclamer la levée des brevets sur les vaccins pour que l’ensemble des pays du monde en bénéficient, car nous étions convaincus que c’était le meilleur moyen de lutter contre le virus et ses variants.


Dès le 30 juin 2020, alors que la vaccination n’était pas encore accessible dans notre pays, notre groupe, par la voix de Fabien Roussel, demandait au Gouvernement de faire du vaccin contre le covid-19 un bien public mondial pour le sortir des mains du marché et de la logique du profit.


Un an plus tard, le 31 mars 2021, lors des questions au Gouvernement, j’interrogeais le ministre des solidarités et de la santé au sujet de la levée des brevets sur les vaccins. J’en profitais pour rappeler qu’à l’époque déjà, le directeur général de l’OMS appelait au renoncement aux brevets sur les produits médicaux, et ce pour toute la durée de la pandémie. Il indiquait en outre que « les flexibilités de l’accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce sont là pour être utilisées dans les situations d’urgence » – or n’étions-nous pas dans une situation d’extrême urgence ? Pourtant, le Gouvernement me répondait que ce n’était pas le sujet et que les capacités de production n’existaient pas, ce que contredisait clairement l’OMS.


Depuis deux ans, Emmanuel Macron et le Gouvernement ont joué la montre. La France a d’abord pesé de tout son poids auprès de l’Union européenne pour éviter la suspension des droits de propriété intellectuelle sur les vaccins. Puis, devant la position prise par le président américain Biden en mai 2021, Emmanuel Macron s’est montré « tout à fait favorable » à la levée des brevets – une posture qui n’a pas été suivie d’effets : depuis, rien ne s’est passé et la situation de la vaccination sur le plan mondial stagne.


Les chiffres font état de disparités inacceptables. Moins de 1 % des stocks de Pfizer et BioNTech sont allés aux pays les plus pauvres. La couverture vaccinale de cinquante-six pays, essentiellement en Afrique et au Moyen-Orient, est en deçà de 10 %. Les pays riches, eux, sont en mesure de distribuer les surplus. D’après l’OMS, il ne faudrait pas moins de 11 milliards de doses pour vacciner 70 % de la population mondiale.

Ce chiffre important représente même un défi colossal, mais que nous aurions pu relever à condition de nous en donner les moyens.

 

Pour cela, encore eût-il fallu prendre des mesures courageuses s’attaquant de front aux intérêts financiers, mais le compte n’y est définitivement pas.


Pendant ce temps-là, ce sont les lois du marché qui se sont imposées, et les grands laboratoires pharmaceutiques ont eu le temps de faire d’énormes bénéfices sur la pandémie, des profits directement liés à la commande publique des pays développés. Rien que pour les laboratoires Pfizer, BioNTech et Moderna, les bénéfices ont atteint 34 milliards d’euros en 2021, soit 1 000 dollars par seconde. C’est aussi ça, le « quoi qu’il en coûte » par lequel vous avez géré la crise en décidant de vous en remettre sans cesse davantage au marché. D’une certaine manière, le marché a d’ailleurs déjà gagné, il vous remercie. Tremblez donc désormais, Pfizer et compagnie, une résolution va être adoptée à l’Assemblée nationale.


Cela dit, en cohérence avec les positions que nous avons toujours défendues, et en dépit de la colère que nous ressentons, mais que j’ai habillée d’ironie dans cette intervention, nous voterons ce texte qui appelle la France à faire de grandes choses. Pourvu qu’elle les fasse vraiment, enfin et sans délai.

 

 

L'intervention en vidéo

 

 

 

Prise en charge des fauteuils roulants

Question au gouvernement - séance du 14 décembre 2021

 

Mon indignation est totale face à la souillure du mémorial du Mont Valérien, moi qui occupe, dans cette enceinte, le siège qui était celui de Gabriel Péri. Demain, cela fera quatre-vingts ans qu’avec soixante-neuf otages, il y a été fusillé. (Applaudissements sur tous les bancs.)

Madame la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, le projet de décret relatif aux modalités de prise en charge des fauteuils roulants pour les personnes en situation de handicap suscite de nombreuses inquiétudes.


Il semble que le Gouvernement prévoit d’imposer des modalités d’acquisition pour certains modèles de fauteuils roulants accessibles uniquement à la location, des délais entre chaque renouvellement et une très forte baisse de leur prise en charge : cela risque de réduire de façon significative le parc de fauteuils roulants sur le marché français et la variété des modèles, avec un impact négatif sur les innovations technologiques.
Si les prix peuvent être prohibitifs parce que trop élevés, les niveaux de prise en charge le sont aussi parce que trop bas. Le reste à charge pour les personnes est difficile à supporter pour beaucoup et les parcours de recherche de financements sont tellement contraignants que nombre d’utilisateurs et utilisatrices renoncent à l’acquisition du fauteuil roulant le plus adapté à leurs besoins.


Les aides à la mobilité, notamment les fauteuils, sont un sujet extrêmement sensible. Le libre choix de ces aides ne doit pas être remis en cause. Il est essentiel que chaque personne utilisatrice puisse bénéficier, sans subir d’inégalités sociales, du fauteuil roulant le plus adapté à sa situation et à ses besoins, sans quoi les conséquences sur son état de santé, sur sa sécurité ou sur ses choix de vie quotidienne peuvent être considérables.


La baisse du prix des aides techniques que représentent les fauteuils ne peut se faire détriment des utilisateurs et utilisatrices. Quels sont vos projets ? Quels sont vos objectifs budgétaires ? Que pouvez-vous répondre aux inquiétudes des personnes en situation de handicap et de leurs familles ?
 

 

Voir la question et la réponse de la ministre en vidéo

 
 
 
 

Passe vaccinal. Débat avec le Premier ministre

Renforcement des outils de gestion de la crise sanitaire - Séance du 5 janvier 2022.

 

Suite aux propos du Président de la République parus dans la presse, les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) et plusieurs de leurs collègues ont demandé que le Premier ministre vienne s'expliquer sur la stratégie et l'objectif du texte. Après une interruption de séance, le Premier ministre a répondu à leur convocation.

 

Monsieur le Premier ministre, quel est l’ordre du jour, quels sont les objectifs de votre loi, de votre stratégie, de votre politique ? S’agit-il de la protection, du soin et de la santé, ou plutôt d’une envie – sinon d’un caprice – que le Président de la République a avoué, voire revendiqué : « emmerder » les gens, désigner à la vindicte une partie de la population, fabriquer des exclus de la citoyenneté, des gens qu’on mettrait au ban de la République, de la société. Nous ne sommes pas là pour ça, pour emboucaner les gens. D’une certaine façon, si ces propos sont choquants, méprisants, et même indignes du Président de la République, il mettent néanmoins des mots sur ce que nous voyons, sur ce que nous dénonçons dans cette stratégie, sur ce qui nous dérange, sur ce qui ne nous convient pas. Ces propos vous forcent à assumer clairement ces objectifs ou à changer d’orientation.


Selon nous, vous prenez les choses à l’envers. Vous ne répondez pas aux questions cruciales qui imposent de définir une stratégie globale, d’aller chercher les Français et de les convaincre, de gérer la crise de l’hôpital public, laquelle se poursuit et s’aggrave, de procéder à la levée des brevets et au partage des vaccins, et de lutter contre la désertification médicale. 
(Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.) Votre choix est celui de la division et de la fracturation, là où il faudrait apaiser et unir.


Quels effets peut-on réellement attendre de vos mesures ? Nombre de soignants s’inquiètent de cette instrumentalisation réitérée du vaccin et des enjeux sanitaires, qui dessert la santé publique et tout le travail que certains d’entre eux s’efforcent de faire sur le terrain.


Vous avez considéré que l’examen du texte devant le Parlement était une formalité par laquelle il fallait passer. Pour notre part, nous sommes ici pour délibérer. Nous avons dit tranquillement et à plusieurs reprises notre désaccord, et nous avons formulé des propositions. Nous sommes affligés par la tournure prise par ce débat, qui clive et cristallise pour des raisons que nous n’osons pas imaginer.


Peut-être y aura-t-il des excuses à la suite de certains propos blessants, mais ce ne sont pas seulement la grossièreté et le mépris qui nous inquiètent : ce sont le sens de l’action publique et la vision de la société qui les sous-tendent
, cet exercice autoritaire du pouvoir dont les bravades sont une manifestation, cette infantilisation permanente, qui produit des dégâts. Vous ne devriez pas vous enfermer dans cette posture revendicative. La gravité de la situation, dont nous convenons, appelle à l’humilité, au mouvement, à la recherche permanente des meilleures solutions. Or, vous donnez le sentiment de tordre la réalité et de donner des explications simplistes, quitte à faire baisser le niveau de vigilance pour vous dédouaner de vos responsabilités. Au bout du compte, vous ne créez pas les conditions nécessaires pour convaincre, en oubliant au passage les effets de votre politique. C’est de tout le pays qu’il faut prendre soin, voire de toute l’humanité. L’état politique du pays nous inquiète. Véritablement, il faut en prendre soin.


Monsieur le Premier ministre, assumez-vous ces propos et, à défaut, l’objectif qu’ils décrivent ? Que dites-vous de vos objectifs et qu’êtes-vous prêt à entendre de nos préoccupations ?

 

Mon intervention en vidéo

 

 

 

 

La Cop 26 ne doit pas être un concours d'éloquence !

Question au gouvernement - séance du 2 novembre 2022

 

A l’ouverture de la COP 26, hier, le Président de la République a fait la leçon à la terre entière, comme si l’Europe et la France étaient exemplaires dans la lutte contre le changement climatique. La Cop ne doit pas être un concours d’éloquence : on ne saurait se payer de mots. La situation est préoccupante, nous ne devons pas nous résoudre à renoncer aux objectifs et nous pouvons agir.

Or, si la France et l’Europe prennent des engagements, il y a loin de la parole aux actes : les moyens ne suivent pas.  

La réussite de la transition écologique exige de changer nos modes de vie, et de mobiliser à brève échéance des moyens financiers colossaux. Et sachant qu’en Europe les 10% les plus riches émettent 6 fois plus de CO2 que les 50% les plus pauvres, cela suppose de faire contribuer les plus riches à leur mesure.

Nous devons nous engager dans des programmes massifs d’investissement pour sortir de notre dépendance aux hydrocarbures, relocaliser et transformer notre industrie, rénover les logements, développer les transports en commun et le fret ferroviaire, investir dans la formation et la recherche. Sans compter la nécessité d’anticiper les effets du changement climatique.

Nous ne pourrons relever ce défi sans nous attaquer à la loi du marché, sans remettre en cause le pacte de stabilité et de croissance, sans tourner le dos aux politiques d’austérité, synonymes depuis des années d’inaction climatique…

La France doit prendre prochainement la présidence de l’Union européenne.

Le gouvernement doit s’engager à obtenir la sortie les dépenses d’investissement dans la transition écologique du calcul des déficits publics. 

Plutôt que de s’enfermer dans le dogme budgétaire et d’encourager un système où la règle est la captation de richesses par un tout petit nombre sur le dos de l’humain et de la planète, il est incontournable et urgentissime de donner la priorité aux objectifs sociaux et environnementaux essentiels pour notre avenir et l’avenir de nos enfants. 

Y êtes-vous prêts ? 

 

 

La séance en vidéo

 

 

 

 

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